Un dimanche devant l’église …

Le dernier dimanche d’août l’été marquait les corps une dernière fois, les bikinis étaient de sortie sur la pelouse devant le parvis de l’ancienne église en ruine …avant de laisser place à l’automne au doux ballet des feuilles mortes dansant vers le sol….

***

20 ans plus tôt, en ce jour du seigneur, l’église était vide. Le prêtre avait déserté la paroisse la semaine dernière devant l’interdiction par arrêté du préfet de sonner les cloches le dimanche. De cet ordre absurde, il avait quitté le sien(d’ordre) pour un bordel. Trop d’histoires de cul à confesse lui avaient mis le diable au corps et ajouté aux mots de l’homme d’état, le calice avait débordé. Le messager de Dieu avait déserté la nef. La messe était dite et sa foi mise à mal. Les vieilles paroissiennes trouvant la maison « close » de Dieu crûrent à une intervention du malin et rentrèrent le cœur serré en murmurant des bouts d’évangile …

L’ancien curé avait posé son âme dans « la nouvelle province » un lieu de débauche du centre ville dont la tenancière québécoise jurait parfois sur quelques clients indélicats

 » maudit français de france… J’vas m’mette en tabernac…si vous filez pas pentoute . » Tant de jurons divins avaient titillés l’innocence du curé. Il avait échangé la maigre quête du 15 août contre quelques baisers de la maîtresse de maison sur son front dégarni . « Sainte Marie que c’est bon… » Avait-il juré. La visite suivante, en échange d’un crucifix, la main de la patronne avait fait jaillir de ses caresses expertes, des millions de diablotins au 7eme ciel … Il était au paradis dans cet éden pour hédoniste…

La fréquence des visites augmentait, l’église se vidait. Après une caisse de cierges, ce fut la dernière cuvée de vin de messe. Elle but le calice jusqu’à son « lit ». Ivre, il découvrait langoureusement sa cabane à sucre. Elle, de coups de chapelet sur son front, jurait de plus belle : « Cass’ moi tout là d’dans j’veux plu’rien r’connaître »… le vieux curé jeune étalon le nez dans le gazon d’une ruade malhabile éperonnait la cousine pour finir dans un dernier commandement « tape dans lfond ch’ui pas ta mère ». Lui, d’un signe de croix, un visage d’ange, les yeux vers le ciel, se retirait un léger sourire en coin avec un dernier  » Ostie de français « …fin de la communion. Le curé sans soutane s’endormait dans les bras de la belle courtisane. Il avait troqué sa foi pour la luxure, il pillait l’église pour assouvir ses vices ..quelques mois plus tard le bordel serait décoré comme une cathédrale … Mon dieu !

***

La fin de l’été approchait et l’église était loin de mes pensée devant le défilé de ces corps dénudés diablement bronzés … Je cherchais un endroit pour poser ma serviette ..les places au soleil étaient chères, lundi c’était demain …j’aperçus l’ancien curé un missel en poche courir vers sa voiture … On entendait… »Mon chum démarre le char nom d’un tabernache, les clients sont à la porte » … Lui d’un simple « j’arrive ma blonde « …ne se faisait pas prier … Je m’installais confortablement entourés de tous ses corps dorés regardant la voiture de papa et maman s’éloigner .. Je ressemblais bien à « mon père »… 

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